Ma déception

Il y a quelques mois j'ai écrit un article sur les associations de protection animale pour en saluer le travail et l'utilité. Je n'ai nullement changé d'avis, pourtant, aujourd'hui que je suis plus que jamais impliquée dans une de leurs actions en vue de sauver un chien, j'avoue être déçue.

Déçue qu'il faille parler d'euthanasie pour que les gens se mobilisent enfin pour un animal dont tout le monde, ou presque se désintéressait ? Sans la menace d'euthanasie, aucune chaine de solidarité ne se serait mise en place pour mon pauvre Théo.

Déçue de compter le temps perdu en remerciement pour un tel ou une telle. Chacun est censé faire ce qu'il peut en vue de sauver une vie, alors pourquoi est-il nécessaire de remercier ? La réussite de cette entreprise difficile n'est-elle pas suffisante ?

Déçue que le besoin de reconnaissance soit si grand chez certains, alors que la seule vue du bonheur de l'animal pour lequel on s'est battu devrait combler les intervenants.

Déçue de constater que ménager les susceptibilités de certains est plus important que le bien être de l'animal. Qu'un individu soit vexé est-il si grave quand il s'agit de sauver une vie ?

Déçue de découvrir que certains estiment que l'animal est sauvé tandis qu'il est toujours entre 4 murs, au seul motif qu'il n'a pas été euthanasié. Pour moi sauver un animal c'est lui offrir une vie meilleure.

Déçue de voir les querelles entre associations alors qu'elles devraient œuvrer de concert pour atteindre un but commun : trouver des familles à des animaux qui n'en ont plus.

Oui je suis bien déçue aujourd'hui devant tant d'énergie gâchée, de temps gaspillé dont les animaux, encore une fois, font les frais. Imaginez un peu ce que ces associations, dont, je le répète, le travail est indispensable, pourraient faire si elles se souciaient un peu moins d'elles-mêmes et des autres et se consacraient intégralement à leur mission de sauvetage des animaux en détresse.

Frédérique BASTIDON
Un monde d'amis
Octobre 2012